Jésus (4/5) 2000 ans après

C’est une histoire ancienne qui semble presque désuète face aux extraordinaires réalisations des hommes depuis cette époque lointaine. Aujourd’hui dans l’ère du numérique et face à l’intelligence artificielle qui semble n’avoir aucune limite, l’histoire de Jésus est d’un autre temps, et pourtant contre toute logique elle survie à l’épreuve du temps et à tous les savoirs actuels.
Lorsque l’on regarde notre monde aujourd’hui et l’immensité de ses savoirs et de ses pouvoirs, l’une des premières paroles prononcées à l’humanité semble trouver son sens, « Alors le serpent dit à la femme : vous ne mourrez point, mais Dieu sait que le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront et vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal. » Genèse 3 :5.
Être aujourd’hui comme des petits dieux est comme une réalité et à bien des égards notre monde est à ce titre très attrayant. Pourtant, alors que l’on pourrait s’attendre à ce que cela soit pour toujours plus de bien et de bonheur sur terre, c’est tout le contraire qui se réalise. Comme jamais l’humanité n’a connu période aussi anxiogène ; des cycles naturels jusqu’aux relations humaines tout est désordre et chaque jour qui passe laisse le sentiment que cela va de pire en pire. Les crises ne se succèdent plus elles s’empilent, ne laissant aucun répit. A tel point que même la frontière entre le bien et mal se brouille et s’efface. Une situation bel et bien d’aujourd’hui qui s’amplifie et qui semble inarrêtable. Une situation, qui a cependant déjà été évoquée il y a longtemps par les textes sacrés, comme autant de paroles prémonitoires, notamment par le prophète Esaïe :
Esaïe 4 :22-23, « Ce sont des enfants insensés, dépourvus d’intelligence qui sont habiles pour faire le mal mais qui ne savent pas faire le bien. Je regarde la terre et voici elle est informe et vide, les cieux et leur lumière ont disparus. ».
Esaïe 5 :20, « Malheur à ceux qui appellent le mal bien et le bien mal, qui changent les ténèbres en lumière et la lumière en ténèbres. »
Jésus lui-même n’a rien caché de la situation de plus en plus dégradée de la terre et de la vie sur terre. « Vous entendrez parler de guerres et de bruits de guerres: gardez-vous d'être troublés, car il faut que ces choses arrivent. Mais ce ne sera pas encore la fin. Une nation s'élèvera contre une nation, et un royaume contre un royaume, et il y aura, en divers lieux, des famines et des tremblements de terre. Tout cela ne sera que le commencement des douleurs. Et, parce que l'iniquité se sera accrue, la charité du plus grand nombre se refroidira. » Matthieu 24 :6 à 10.
Devant cela, qui malheureusement décrit parfaitement bien notre réel, le doute s’installe quant aux paroles portées par Jésus. Pour les uns, ce qui compte c’est de gagner dans le monde d’aujourd’hui et de « tirer son épingle du jeu », et tous les moyens peuvent être bons. Pour d’autres cependant la situation interroge et finalement conduit à un regain de spiritualité.
Sur l’attitude des premiers, il est étonnant de constater encore que déjà en son temps l’apôtre Paul évoquait des faits de société et des comportements sociaux qui 2000 ans après font tous les jours la une de nos journaux d’aujourd’hui :
« Sache que, dans le s derniers jours, il y aura des temps difficiles. Car les hommes seront égoïstes, amis de l'argent, fanfarons, hautains, blasphémateurs, rebelles à leurs parents, ingrats, irréligieux, insensibles, déloyaux, calomniateurs, intempérants, cruels, ennemis des gens de bien, traîtres, emportés, enflés d'orgueil, aimant le plaisir plus que Dieu, ayant l'apparence de la piété, mais reniant ce qui en fait la force. » 2 Timothée 3 :1 à 4.
Pour ce qui est des seconds, Paul évoquera aussi cette spiritualité renaissante, mais qui devient multiforme, pouvant même s’inspirer de l’évangile de Jésus, mais qui ne l’est pas. Une spiritualité à la carte, permettant de composer et ainsi de rester aussi un peu comme un petit dieu sur terre. « Car il viendra un temps où les hommes ne supporteront pas la saine doctrine; mais, ayant la démangeaison d'entendre des choses agréables, ils se donneront une foule de docteurs selon leurs propres désirs, détourneront l'oreille de la vérité, et se tourneront vers les fables. » 2 Timothée 4 :2 à 4.
Jésus aussi a évoqué ce temps où la confusion spirituelle prévaudra, : « Prenez garde que personne ne vous séduise. Car plusieurs viendront sous mon nom, disant : C'est moi qui suis le Christ. Et ils séduiront beaucoup de gens. Plusieurs faux prophètes s'élèveront, et ils séduiront beaucoup de gens. Et, parce que l'iniquité se sera accrue, la charité du plus grand nombre se refroidira. » Matthieu 24 :4 à 12.
Dès lors, que retenir de tout cela ? Comment se positionner ou se repositionner ? Et à quoi se raccrocher ?
L’apôtre Paul apporte à Timothée la réponse. Une réponse qui doit aussi être pour nous :
« Toi, demeure dans les choses que tu as apprises, et reconnues certaines, sachant de qui tu les as apprises; dès ton enfance, tu connais les saintes lettres, qui peuvent te rendre sage à salut par la foi en Jésus Christ. Toute Écriture est inspirée de Dieu, et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice, afin que l'homme de Dieu soit accompli et propre à toute bonne oeuvre. » 2 Timothée 3 :14 à 17.
Revenir à la Parole inspirée, celle qui a miraculeusement traversée les temps sans se perdre et qui est la seule qui peut conduire à la paix et au bonheur. Mais seulement par la foi en Jésus. Cette foi c’est celle qui se développe lorsque l’on se rapproche de Jésus, lorsque l’on se laisse saisir par lui et, comme le lui demande la Samaritaine, lorsque l’on s’abreuve de ce qu’il a à nous dire.
Alors qui est Jésus pour toi ? Quelle place lui laisses-tu ?
Il y a un Psaumes qui parle spécifiquement de la parole de Dieu et des nombreux avantages qu’il y a à s’en nourrir. Etonnement c’est le Psaumes le plus long, tant le roi David a de choses à en dire. S’il ne fallait retenir qu’un seul se serait celui là « Ta Parole est une lampe à mes pieds et une lumière sur mon sentier » Psaumes 119. Dieu n’a de cesse tout au long de l’histoire de l’humanité de dire et de rappeler que le seul chemin qui mène vers le bonheur, c’est celui qu’il nous propose de faire avec lui. Parmi les très nombreuses paroles laissées et que Dieu a protégées au fil des temps pour que encore aujourd’hui nous les entendions, nous retiendrons celle-ci. « Combien est précieuse ta bonté, ô Dieu. A l’ombre de tes ailes les fils de l’homme cherchent un refuge. Ils se rassasient de l’abondance de ta maison et tu les abreuves au torrent de tes délices. Car auprès de toi est la source de la vie. Par ta lumière nous voyons la lumière. » Psaumes 36 :9 à10.
Un jour, Jésus s’est trouvé invité dans la maison de l’un des chefs des pharisiens pour prendre un repas (Luc 14 :1) et il y avait là beaucoup de monde, en curieux pour l’observer. Il en profita pour enseigner en se servant de la situation. L’un des convives partagea son espoir de prendre un jour son repas auprès de Dieu. C’est alors que Jésus raconta la parabole suivante (Luc chapitres 14 :15 à 21) :
Un homme organisa une soirée et envoya des invitations. Lorsque le jour arriva il envoya un rappel à ses invités pour leur dire que tout était prêt et qu’il les attendait.
L’hôte de la soirée fut alors surpris de constater que la plupart de ses invités n’avaient en fait pas inscrit l’invitation dans leur agenda et tous avaient pris d’autres engagements. Priorisant leurs intérêts matériels, les conviés se dérobèrent un à un.
« Tous se mirent à s’excuser. Le premier lui dit : J’ai acheté un champ et je suis obligé d’aller le voir, un autre dit : j’ai acheté cinq paires de boeufs et je vais les essayer, un troisième lui dit : je viens de me marier et c’est pourquoi je ne puis venir... Etc. »
Et si cela ressemblait à notre réponse face à l’invitation que nous lance Jésus ? Le carton d’invitation de Jésus c’est :« Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole, et mon Père l'aimera; nous viendrons à lui, et nous ferons notre demeure chez lui. » Jean 14 :23.
Mais notre agenda dit autrement. Accaparés par nos intérêts matériels et nos enjeux bien terrestres, nous n’avons pas le temps, ou nous n’avons plus le temps, considérant que ce que peut nous offrir la vie de maintenant est plus important. Alors désolé, « excuse-moi, je te prie ». Mais je passerai plus tard, à Noël ou peut-être à Pâque.
Jésus, son message, sa bonne nouvelle pour nous, ne sont finalement devenus qu’une option au cas où, ou au mieux qui trouve sa place que dans les seuls moments que la tradition organise.
Pourtant malgré l’attitude agnostique qui prédomine de nos jours, nombreux nous sommes à questionner le sens de la vie et de là à entretenir la pensée de l’existence d’un autre chose, plus transcendant et auquel on cherche à se raccrocher. Un besoin de spiritualité de plus en plus marqué, même et surtout chez les jeunes générations qui veulent retrouver des bases sur lesquelles il redevient possible d’envisager l’avenir, quoiqu’il arrive sur la terre.
C’est aussi cela que Jésus est venu dire. Il y a un autre chemin. Jésus, lors de son premier grand discours le dira d’ailleurs en ces termes, « Large est la porte et spacieux est le chemin qui mènent à la perdition, il y en a beaucoup qui entre par là. Mais étroite est la porte, resserré est le chemin qui mènent à la vie, il y en a peu qui les trouve. » Matthieu 7 :13 à 14. Une parole qui réalise une prophétie du prophète Esaïe, lequel disait déjçà en son temps, « Il y aura un chemin frayé, une route, qu’on appellera voie sainte. Nul impur y passera, elle sera pour ceux qui ont le cœur troublé, même les insensés ne pourront s’égarer. » Esaïe 35 :8.
En jésus, nous trouvons un Dieu bien différent de celui que nous pensons. Un Dieu attentionné qui propose un chemin d’espérance, comme un projet d’avenir qu’il veut pour chacune et chacun.
C’est à cela que Jésus invite. Pour que cela soit compréhensible pour tous, il a pris l’image des bâtisseurs, que l’on trouve dans Matthieu au chapitre 7. S’appuyer sur Jésus et entendre ce qu’il a à nous dire, c’est comme bâtir sa maison sur du roc. Les éléments peuvent se déchaîner tout autour, cela ne portera pas atteinte à ce qui est construit parce que c’est du solide. A l’inverse, ne pas faire de Jésus son point d’appui, c’est comme bâtir sur du sable. Inutile dans ce cas de dire ce qu’il advient dès la première secousse.
Le monde d’aujourd’hui n’a que peur et angoisse à offrir, sans répit, sans vision d’avenir, sans espérance solide. Mais Jésus est venu dans le monde pour venir dire qu’il y a un autre possible. « Je suis venu comme une lumière dans le monde, afin que quiconque croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres. Je suis venu non pour juger le monde, mais pour sauver le monde. » Jean 12 :14 à 47.
Jésus 2000 ans après, ce sont encore ses paroles qui sont toujours réalité. Certes ce que l’on voit, ce que l’on vit et les secousses de la vie qui nous affectent, sont autant de raisons humaines de douter. Mais y-a-t-il une alternative crédible ? Si certains le pensent, cela ne serait-ce pas qu’un rideau fragile et temporaire qui nous empêche de voir derrière, la réalité d’un Jésus qui œuvre toujours pour que, dans le temps qui est le sien, ses promesses se réalisent ? Dès lors, et si la question qui devrait nous animer était : Et si tout cela était finalement vrai ?
Le prophète Esaïe nous a laissé cette parole qui assurément aurait pu être celle de Jésus. Mais plus que cela il l’a rendu possible : « Ceux qui se confient en l'Éternel renouvellent leur force. Ils prennent le vol comme les aigles; Ils courent, et ne se lassent point, Ils marchent, et ne se fatiguent point. » Esaïe 40 :31.

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