Jésus (2/5) Une mission au service de la condition humaine

Quoique l’on pense de Jésus, une chose est sûre c’est qu’il a été un personnage singulier, à la fois clivant et en même temps rassembleur. Avec lui l’humanité est entrée dans une nouvelle ère et le compteur du temps est remis à zéro. Avec lui émane la pensée nouvelle du salut, personnel, sans contre-partie sinon d’en faire le choix. C’est à dire d’une vie qui va au-delà de la vie terrestre telle qu’on la connaît, d’une vie qui n’est plus celle du mal et de la mort, mais où la paix et le bonheur règnent. Depuis l’apôtre Paul c’est cela qui est prêché. Avec Jésus se forme le point commun qui rassemble les principales religions de l’ère moderne, comme pour dire que ce qu’il a portée concerne tous les humains, quels qu’ils soient.
De son existence terrestre il n’y a pas débat, pourtant s’il est né comme tout enfant, cela n’a été qu’un passage pour rejoindre l’homme dans ses conditions de vie. Jésus qui impressionnait ses contemporains, était et reste différent, à tel point que l’on viendra à lui demander clairement : « Mais qui es-tu ? » Jean 8 :25. Ce à quoi Jésus répondra de manière tout aussi claire. « Si Dieu était votre Père, vous m'aimeriez, car c'est de Dieu que je suis sorti et que je viens; je ne suis pas venu de moi-même, mais c'est lui qui m'a envoyé. » Jean 8 :42.
Aussi irrationnel que cela soit, Jésus est l’envoyé de Dieu auprès des hommes. Et ce n’est pas une information nouvelle. En effet cela réalise nombre de prophéties de l’Ancien testament qui ont annoncé des siècles avant,
la venue d’un Messie.
Dès lors il est légitime de s’interroger sur ce pour quoi Jésus est ainsi venu vivre pendant un temps en homme parmi les hommes. Parce qu’alors, nous comprendrons le sens de son message et surtout sa portée et donc l’enjeu pour chacune et chacun de s’en saisir.
Parce que Jésus n’est pas qu’une anecdote au cours du temps. Quoique l’on en pense il a façonné le monde jusque aujourd’hui. Son influence est si marquante que dès le début Jésus a été contesté et même falsifié au fil des temps. Cela amènera Paul à dire à l’Eglise de Colosses de manière claire : « qu’il n’y a pas un autre évangile, mais il y a des gens qui vous troublent et qui veulent renverser l’évangile de Christ. » Colossiens 1 :6.
Depuis et en toutes les époques le message de Jésus continue de faire l’objet de contestations, de mises en doute et même de détournements. Le même Paul dira d’ailleurs à son élève Timothée, « Car il viendra un temps où les hommes ne supporteront pas la saine doctrine; mais, ayant la démangeaison d'entendre des choses agréables, ils se donneront une foule de docteurs selon leurs propres désirs, détourneront l'oreille de la vérité, et se tourneront vers les fables. » 2 Timothée 4 :3.
Pourtant jésus est tout à fait clair, il est envoyé par Dieu auprès des hommes et des femmes (Jean 8 :42). C’est donc qu’il a quelque chose à nous dire. Mais s’il est tant clivant c’est sûrement que ce message qu’il a porté bouscule.
Alors qu’elle a donc été sa mission en venant parmi les hommes ? et quel message a-t-il voulu nous laisser ?
Sur le sujet de sa mission, la réponse est donnée par Jésus lui-même, « car je suis descendu du ciel pour faire, non ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé. Or, la volonté de celui qui m'a envoyé, c'est que je ne perde rien de tout ce qu'il m'a donné, mais que je le ressuscite au dernier jour. La volonté de mon Père, c'est que quiconque voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle. » Jean 10 :38 à 40.
Sa mission c’est donc,
De Faire la volonté de son Père laquelle volonté est qu’aucun homme et qu’aucune femme ne se perde.
De se faire réconciliateur et moyen de salut.
Mais ceci est seulement pour celles et ceux qui y croit. Non pas que Dieu fasse sélection, mais il laisse à chacun la liberté de le choisir.
Autrement dit Jésus est venu de la part du Dieu des origines, pour convaincre par la démonstration en venant lui-même proposer une voie de salut qui permette à celles et ceux qui se mettent en relation avec lui de trouver une issue à ce monde qui nous mène dans une impasse.
Et pour bien faire comprendre qui il est vraiment et comment il est cette voie de recours par laquelle le salut se trouve, pas seulement pour ses contemporains mais aussi pour tous jusqu’à nous aujourd’hui, Jésus va se servir d’un vocable que ses contemporains connaissaient bien mais qui en plus parle à tout de monde et dans tous les temps.
Aux pharisiens qui lui demandaient qui il était, Jésus leur répond en se présentant comme, « je suis ». (Jean 8 :58). C’est ainsi que Dieu lui-même avait répondu à Moïse lorsqu’il lui a demandé son nom. Il pose par ce « Je suis » la crédibilité de sa parole.
Alors, Jésus va à plusieurs reprises montrer comment il ouvre cette voie nouvelle par laquelle il réconcilie les hommes avec Dieu et devient un moyen de salut.
« Je suis » nous parle aussi à nous pour nous dire comme à ses contemporains :
« Je suis le pain de la vie. » Jean 6 :35. Comme pour dire que certes nos besoins matériels sont nécessaires et importants, mais que l’on a besoin de plus, que l’on a besoin de quelque chose qui conduit à la vie. D’ailleurs Jésus termine sa phrase en disant, « celui qui vient à moi n’aura jamais faim et celui qui croit en moi n’aura jamais soif.» Parce que Jésus seul pourvoit à tout et bien au-delà de ce qui est matériel et ce que d’autres disent pouvoir offrir. Ce pain là il est le seul à pouvoir l’apporter.
« Je suis la lumière du monde. » Jean 8 :12. Comme pour dire que hors Jésus ce sont les ténèbres qui règnent, même ce que l’on croit être lumière. L’apôtre Paul dira d’ailleurs aux gens de Galates « qu’il n’y a qu’un seul évangile. », c’est-à-dire qu’une seule bonne nouvelle.
« Je suis la porte des brebis ». Jean 10 :9. Jésus emploi cette image dans le contexte de la vie pastorale de l’époque où il fallait mettre les brebis à l’abri. La porte lorsque l’on est à l’extérieur est le symbole de la mise à l’abri et lorsque l’on est à l’intérieur c’est le symbole de la liberté et de l’accès à de nouveaux horizons. Mais c’est aussi le choix qui nous est laissé d’ouvrir ou de fermer la porte. Jésus se révélera à nouveau ainsi d’ailleurs quelques années plus tard alors que Jean est sur l’île de Patmos. « voici je me tiens à la porte et je frappe. Si quelqu'un entend ma voix et ouvre la porte, j'entrerai chez lui, je souperai avec lui, et lui avec moi. » Apocalypse 3 :20. C’est à nous de se saisir de cette porte et de l’ouvrir et de se mettre à l’abri derrière.
« Je suis le bon berger.» Jean 10 :11. Cette parole raisonnait parfaitement à l’époque car les contemporains de Jésus connaissaient très bien le Psaumes 24. Le berger c’est celui qui connaiî chacune de ses brebis, qui se souci de chacune d’elle, qui est tout le temps-là, qui les soigne et les protège. Cette image se suffit à elle-même pour comprendre que Jésus est toujours celui qui veut prendre soin de nous. Le prophète Esaïe parlant de la part de Dieu a cette parole qui illustre bien ce que Jésus veut être pour nous. « Ne crains rien, car je suis avec toi; Ne promène pas des regards inquiets, car je suis ton Dieu; Je te fortifie, je viens à ton secours, Je te soutiens de ma droite triomphante. » Esaïe 41 :10.
« Je suis la résurrection et la vie. » Jean 14 :6. Comme pour dire que la mort n’est pas une fatalité sans issue et que la vie reste possible. Mais cela passe par Jésus. L’auteur de la lettre aux Hébreux dit cette parole, « il a dû être rendu semblable en toutes choses à ses frères, car, ayant été tenté lui-même dans ce qu'il a souffert, il peut secourir ceux qui sont tentés. Car nous n'avons pas un souverain sacrificateur qui ne puisse compatir à nos faiblesses; au contraire, il a été tenté comme nous en toutes choses, sans commettre de péché. Approchons-nous donc avec assurance du trône de la grâce afin d'obtenir miséricorde et de trouver grâce, pour être secourus dans nos besoins. » Hébreux 2, 17 à 18 et 4, 15 à 16.
« Je suis le chemin, la vérité et la vie. » Jean 14 :6. Un seul chemin et une seule vérité qui mènent à la vie et qui ne passent que par Jésus.
Enfin, prenant une dernière image Jésus dira,
« Je suis le vrai cep.» Jean 15,1. Le cep est ce qui relie le raisin au pied de la vigne de laquelle il tire de quoi se développer et mûrir. Jésus est celui qui nous relie à Dieu le Père.
Jésus est tout cela à la fois et c’est encore une réalité qui nous demeure disponible. Parce que sa mission ne se limite aux quelques années de son passage parmi les hommes, elle se poursuit toujours, pour nous tous aussi. L’apôtre Jean rapporte d’ailleurs ses paroles qui l’affirment, « quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes. » Jean 12 :33.
C’est l’apôtre Pierre d’ailleurs, lui qui a bien connu Jésus, qui parle de la patience de Dieu à l’égard des hommes en disant, « Le Seigneur ne tarde pas dans l’accomplissement de la promesse, mais il use de patience envers vous, ne voulant qu’aucun périsse, mais voulant que tous arrivent à la repentance. » 2 Pierre 3 :9.
Et Pierre sait que cela passe par Jésus. « Christ a souffert une fois pour les péchés, lui juste pour les injustes, afin de nous amener à Dieu ». 1 Pierre 3 :18.
Tous ces textes nous éclairent de manière précise sur ce pour quoi Jésus, l’envoyé de Dieu est missionné. Et pour cette mission il lui fallait passer par l’écosystème de la terre telle qu’elle est. Il lui fallait passer par la même vie que nous, vivre les difficultés et même jusqu’à la mort, il lui fallait venir nous dire, et en faire la démonstration, qu’une autre voie est possible et que si les voies de l’homme mènent toutes à la mort, celle que Jésus propose mène à la vie.
Par ailleurs déjà au temps de Jésus la société baignait dans une offre spirituelle très large. Depuis les nombreux courants de pensées philosophiques hellénistiques jusqu’aux dieux mythiques de la Grèce antique en passant par le panthéon des dieux à mystère importés du sud de l’empire, la spiritualité monothéiste du Dieu des origines se perdait et s’imprégnait de traditions qui détournaient et faisait oublier son sens premier.
Un peu comme aujourd’hui où l’on ne sait plus qui croire et en quoi croire, où l’évolution des mœurs et la réévaluation de ce qui est bien et de ce qui est mal nous fait perdre la vue de ce qu’était le bien d’origine et de qui est Dieu.
C’est aussi cela que Jésus porte. Redire et montrer qui est Dieu, ce qu’il souhaite pour l’homme mais aussi ce qu’il est prêt à faire pour lui.
L’auteur des Hébreux traduit bien cette aspect de la mission de Jésus. « Après avoir autrefois, à plusieurs reprises et de plusieurs manières, parlé à nos pères par les prophètes, Dieu, dans ces derniers temps, nous a parlé par le Fils, qu'il a établi héritier de toutes choses, par lequel il a aussi créé le monde, et qui, est le reflet de sa gloire et l'empreinte de sa personne. C'est aussi pour cela qu'il peut sauver parfaitement ceux qui s'approchent de Dieu par lui, étant toujours vivant pour intercéder en leur faveur. » Hébreux 1 :1 à 3 et 7 :25.
Aujourd’hui Jésus n’est évidemment plus présent. Et pourtant sa parole demeure et a traversé les siècles au cours desquels guerres, troubles sociaux, révolutions même, auraient facilement pu la faire disparaître. Et bien non. Elle est toujours là parce que ce que Jésus est venu dire concerne toute l’humanité. D’ailleurs il a lui-affirmé qu’après lui il serait toujours présent. « Voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde. » Matthieu 28 :20.
La finalité de tout cela, c’est la volonté de Dieu est de rassembler celles et ceux qui veulent avancer dans la lumière de Jésus vers la vie, la paix et le bonheur retrouvés. On ne peut terminer sans citer cette parole de Jésus, «Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle. » Jean 3 :16.

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