Jésus (3/5) Celui qui appelle et qui fédère

Jésus, l’envoyé de Dieu, a reçu la mission de faire la volonté de Dieu qui est qu’aucun des humains ne se perde et de faire lien entre Dieu et les hommes en ouvrant, par lui, un chemin de salut. L’apôtre Paul évoque cette réalité de la manière suivante, « Dieu qui est riche en miséricorde à cause du grand amour dont il nous a aimé, nous qui étions morts par nos offenses, il nous a rendu la vie avec Christ, afin de montrer dans les siècles à venir l’infinie richesse de sa grâce par sa bonté envers nous en Jésus-Christ. » Ephésiens 2, 4 à 6.
Et il ajoute, : « par Jésus nous avons les uns et les autres accès auprès du Père, dans un même Esprit ».
Par Jésus c’est comme si l’on trouvait les conditions d’envisager la vie autrement, pas seulement à titre personnel mais aussi collectivement. Parce que cela a toujours été le souhait de Dieu de rassembler celles et ceux qui placent leur confiance en lui.
D’ailleurs ceux qui à son époque étaient attachés à leur pouvoir ont très vite considéré Jésus comme un danger.
Nous connaissons tous ce moment où Jésus rejoint Marthe et Marie à Béthanie. Leur frère Lazare est mort. La suite est connue, Jésus va ressusciter Lazare pourtant mort depuis trois jours. Le texte dit que beaucoup, ce jour-là, crurent en lui. C’est alors que les Juifs pharisiens prirent peur, et dirent, « si nous le laissons faire, tous croiront en lui et les Romains viendront détruire notre ville et notre nation » Jean 11, 48. Le projet de le faire mourir est alors décidé.
La Pâque juive approchait et beaucoup de gens montaient de la campagne à Jérusalem pour se purifier avant la fête. Ils cherchaient Jésus et se demandaient entre eux dans le Temple : « Qu’en pensez-vous ? Viendra-t-il à la fête ? » Les chefs des prêtres et les pharisiens avaient donné l’ordre que quiconque saurait où il se trouvait devait le signaler pour qu’on puisse l’arrêter.
L’apôtre Jean indique alors, « que ce n’était pas seulement pour la nation qu’il devait mourir, mais pour réunir en un seul corps les enfants de Dieu dispersés. » Jean 11, 52.
Au chapitre précédent Jésus disait être là pour faire la volonté de son Père qui est que personne ne se perde, traduisant ainsi le but ultime qui est de réunir par lui et en lui, celles et ceux qui placent leur confiance en lui. C’est pourquoi parlant à ses disciples de sa prochaine mort il leur dira qu’il ne fallait être inquiet car pour celles et ceux qui croiraient en lui, « il y a plusieurs demeurent dans la maison de mon Père et si cela n’était pas je vous l’aurait dit. Je vais vous préparer une place et lorsque je m’en serai allé et que je vous aurai préparé une place, je reviendrait et je vous prendrai avec moi afin que là où je suis vous y soyez aussi. » Jean 14 :1-3.
Voilà la volonté de Dieu et la finalité de la mission de Jésus : appeler et rassembler toutes celles et ceux qui font le choix de mettre leur confiance dans le Dieu de la Bible et en la capacité de Jésus de permettre cet accès au Père, malgré l’état de péché dans lequel se trouve tout humain.
Contrairement à ce que l’on pense couramment ceci n’est pas une idée nouvelle introduite par et avec Jésus. C’est la volonté de Dieu depuis toujours, une volonté qui est résolue et qui perdurera jusqu’à ce qu’elle soit réalisée. Déjà en effet, par les prophètes de l’Ancien Testament Dieu évoquait son objectif de rassembler :
« Je conclurai avec eux une alliance de paix, une alliance éternelle. Je les rétablirai, je les multiplierai, je mettrai mon sanctuaire au milieu d’eux pour toujours. Ma demeure sera chez eux, je serai leur Dieu et ils seront mon peuple. » (Ezékiel 37, 26 à 27).
« Je les délivrerai de toutes leurs infidélités, je les purifierai. Alors ils seront mon peuple, et moi je serai leur Dieu. » (Ezékiel 37, 23).
« C’est peu que tu sois mon Serviteur, pour rétablir les tribus de Jacob et pour ramener les préservés d’Israël, je t’établirai lumière des nations, pour que mon salut arrive jusqu’aux extrémités de la terre. » Esaïe 49, 6.
Une volonté du Dieu de la Bible qui traverse et transcende toute l’histoire de l’humanité et que le Grec traduira par le terme « ekklesia » ce qui signifie l’assemblée, qui deviendra par extension : l’Eglise.
Pas l’Eglise faite de murs, aussi beaux soient-ils, et de statuts réglementaires, mais faite d’hommes et de femmes qui veulent mettre leur confiance dans le Dieu de la Bible et en celui qu’il a mandaté pour nous réconcilier avec lui, à savoir Jésus.
D’ailleurs l’apôtre Paul ne parlera jamais de l’Eglise ou des Eglises, mais de « l’Eglise de Dieu ».
C’est donc aussi pour cela que Jésus est venu en chair et en os appeler chacune et chacun à se retrouver. Lui-même a d’ailleurs dit, « que là où deux ou trois sont réunis en mon nom , je suis au milieu d’eux. » Par lui et en lui se refait l’unité ou plutôt l’union, de la même manière que le corps composé de membres et d’organes différents, ne fait qu’un. Paul d’ailleurs prendra cette image du corps pour illustrer cette assemblée unie en et par le Christ. « professant la vérité dans la charité, nous croissions à tous les égards en celui qui est le chef, Christ. C'est de lui, et grâce à tous les liens de son assistance, que tout le corps, bien coordonné et formant un solide assemblage, tire son accroissement selon la force qui convient à chacune de ses parties, et s'édifie lui-même dans l’amour. » Ephésiens 4, 15 à 16.
Jésus et seulement lui fait lien et nous relie à Dieu le Père. Pour illustrer cela Jésus prendra l’image du berger avec son troupeau (Jean 10). Les brebis connaissent le berger (verset 3) et le berger connaît chacune par son nom. Le berger marche devant (verset 4) et le troupeau le suit et rien que lui. Plus que cela encore, le berger c’est celui qui protège et met sa vie en danger pour le bien du troupeau (verset 11). Enfin, même les brebis égarées sont la préoccupation du berger, il les cherche et les ramène dans le troupeau (verset 16). Et il n’y a qu’un seul troupeau et un seul berger. C’est aussi en substance ce que dira Paul aux Ephésiens au chapitre 4 verset 4 à 6. « Il y a un seul corps et un seul Esprit, comme aussi vous avez été appelés à une seule espérance par votre vocation; il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous, qui est au-dessus de tous, et parmi tous, et en tous. »
Une seule espérance laquelle passe par Jésus. Avec Jésus ce n’est plus seulement une assemblée que forme celles et ceux qui mettent en lui leur confiance mais cela devient un corps, dans une union de pensée. Mais Jésus ne veut pas rassembler par obligation et en s’imposant mais par la volonté délibérée et individuelle de tisser avec lui une relation dans une intimité de laquelle Jésus lui-même dira, « Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole, et mon Père l'aimera; nous viendrons à lui, et nous ferons notre demeure chez lui. » Jean 14, 23. Pas non plus en pluralité de référentiel, mais en sa seule parole.
On est loin là, du Jésus dépeins par les arts humains, loin d’un Jésus que l’on se fait ou qui serait seulement un personnage de l’Histoire. Là, il s’agit de Celui grâce auquel tout redevient possible, tout peut emmener vers une destinée bien différente de celle vers laquelle nous emmène le monde sans ce Jésus.
Paul encore dira à son élève Timothée, « Le solide fondement de Dieu reste debout avec ces paroles qui lui servent de sceau : Le Seigneur connaît ceux qui lui appartiennent. » 2 Timothée 2, 19.
C’est un solide fondement, c’est-à-dire que tu peux faire confiance à cette parole de Dieu que son Fils Jésus est venu incarner et qui, quoiqu’il s’est passé sur notre planète, quoiqu’il s’y passe et quoiqu’il s’y passera, demeurera et traversera les temps pour atteindre toutes et tous.
« Car j'ai l'assurance que ni la mort ni la vie, ni les anges ni les dominations, ni les choses présentes ni les choses à venir, ni les puissances, ni la hauteur, ni la profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu manifesté en Jésus Christ notre Seigneur. » Romains 8, 38 à 39.
C’est la conviction de l’apôtre Paul et cela doit être la nôtre.
On comprend dès lors la demande de la femme Samaritaine à Jésus : « donne-moi de cette eau » Jean 4, 15. Par cette rencontre Jésus dit que ce qu’il propose n’est pas pour quelques-uns seulement, ou pour des initiés, mais pour tout le monde qui que l’on soit, quel que soit notre parcours. A l’époque les Samaritains étaient rejetés par les Juifs et ils ne devaient pas être fréquentés. Une situation qui trouve sa source dans l’histoire ancienne du peuple Hébreux. Jésus lui vient rappeler que qui que l’on soit et quelle qu’à été notre histoire on peut se retrouver en Jésus et être de celles et de ceux qu’il veut rassembler.
Ce Jésus, qui a vécu seulement une trentaine d’années au milieu des siens, a non seulement bouleversé le monde mais il continue à nous parler par ses paroles transmises, pour nous appeler et être par lui et en lui rassemblés. Parce que comme nous le rappelle l’apôtre Paul, « il nous a sauvé et nous a adressé une sainte vocation, non à cause de nos œuvres, mais selon son propre dessein et selon la grâce qui nous a été donnée en Jésus-Christ avant les temps éternels. Ceci a été manifesté maintenant par l’apparition de notre Seigneur Jésus-Christ ». 2 Timothée 1, 9 à 10.

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