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L'Eglise en Dieu et en Jésus-Christ

Dernière mise à jour : 21 déc. 2025


Dès le premier verset de sa première lettre, Paul salue les Thessaloniciens d’une manière que l’on ne trouve dans aucune autre de ses épîtres : « A l’Eglise des Thessaloniciens qui est en Dieu le Père et en Jésus-Christ le Seigneur ».
L'Eglise en Dieu

Lorsque Paul parle de l’Eglise aux communautés naissantes de la chrétienté, quand il les salue aussi, il emploi dans toutes ses épîtres le vocable : « à l’Eglise de Dieu qui est à … » ou « … l’Eglise du Seigneur… ».

Sauf dans ses lettres aux Thessaloniciens, où Paul salue ces Chrétiens en disant « … à l’Eglise des Thessaloniciens… ».


Lorsque l’on étudie ces deux épîtres, notamment la première, on s’aperçoit vite que ce n’est pas de la part de Paul un effet de style singulier, mais bel et bien une marque de reconnaissance qu’il n’a pas lorsque qu’il s’adresse aux autres communautés.  De plus, manière invariable Paul présente toujours l’Eglise comme étant celle de Dieu et non celle des hommes. Qu’y-a-t-il donc à comprendre dans cette manière de Paul de saluer les chrétiens de Thessalonique ?


Les lettres de Paul aux Thessaloniciens sont ses premières lettres écrites au début des années 50, alors qu’il est à Corinthe au cours de son second voyage. Timothée revient lui donner des nouvelles de cette communauté pour laquelle Paul s’inquiétait. En effet son séjour à Thessalonique ne fut pas très long, 3 semaines environ, après son passage à Philipi. Une période difficile pour Paul qui connaîtra sa première plus grande opposition. Son séjour et les évènements qui s’y sont produits, sont décrits dans Actes 17. Comme à son habitude c’est d’abord vers la synagogue qu’il se rend. Mais au sein même de ceux, qui pourtant sont la descendance biblique, il ne convainc pas, exceptés quelques-uns. Toutefois il trouve une meilleure audience auprès de non Juifs, « d’une grande multitude de Grecs et beaucoup de femmes de qualité » Actes 17 :1-4


Par une manœuvre d’influence, les Juifs vont faire accuser Paul d’être à l’origine d’un mouvement social, ce qui va à l’encontre des lois romaines. Et non seulement cela, mais ils vont aussi l’accuser de porter atteinte à l’Empereur, ce qui à l’époque valait la mort. Un comble lorsque l’on sait que les Juifs se sont toujours opposés à la domination romaine.

Paul devra s’enfuir de nuit et il se rendra à Bérée (à environ 80 km de là - aujourd’hui la ville de Véria). Mais les Juifs de Thessalonique le poursuivront jusque là-bas et il devra à nouveau partir pour se rendre à Athènes. Il laissera toutefois à Bérée ses compagnons de route Silas et le jeune Timothée.


Ce qui reste de Paul à Thessalonique c’est donc une jeune Eglise chrétienne principalement constituée de non juifs. Des chrétiens jeunes dans la foi, pleins d’enthousiasme, très engagés et fermes, alors qu’ils font l’objet d’une forte opposition (1 The 1 :6). D’ailleurs Paul dira d’eux « Et vous-mêmes, vous avez été mes imitateurs et ceux du Seigneur, en recevant la parole au milieu de beaucoup de tribulations »  Thessaloniciens 1 :6.


Contrairement à ceux qui se croyaient être les dépositaires de la connaissance de Dieu, eux ils avaient compris ce qu’était la foi vraie. Paul le dira d’ailleurs clairement «… nous rendons continuellement grâce à Dieu de ce qu’en recevant la parole de de Dieu, vous l’avez reçue non comme la parole des hommes, mais, ainsi qu’elle l’est véritablement, comme la parole de Dieu qui agit en vous qui croyez. » 1 Thessaloniciens 2 :13


Ainsi Paul, dès le premier verset de sa première lettre, salue les Thessaloniciens d’une manière que l’on ne trouve dans aucune autre de ses épîtres : « A l’Eglise des Thessaloniciens qui est en Dieu le Père et en Jésus-Christ le Seigneur ».


En premier lieu on notera que Paul ne parle pas au pluriel, comme pour parler de chacun individuellement comme il le fait dans ses autres épîtres, mais au singulier. Ici à Thessalonique c’est l’Eglise toute entière qui est en Dieu, reconnaissant ainsi que cette communauté, quoique naissante et jeune dans la foi avait réussi à faire Eglise et même à être le type de l’Eglise de Dieu. Comme cette église d’actes 2 « Ils persévéraient dans l’enseignement des apôtres, dans la communion fraternelle, dans la fraction du pain et dans la prière ». En effet ce n’est pas parce que l’on « va » à l’église que l’on est de l’Eglise de Dieu, mais c’est parce que l’on « fait » Eglise et que l’on « est » l’Eglise. Il y a un « ensemble » nécessaire. D’ailleurs à la toute fin, l’apôtre Jean dans Apocalypse 22 lorsqu’il est question du rétablissement de toutes choses où le mal ne sera plus, il ne dit pas : les chrétiens disent viens. Il dit « l’Esprit et l’épouse,( c’est-à-dire l’Eglise), disent vient » Apocalypse 22 :17.

La communauté de Thessalonique faisait corps, comme celui que décrit Paul dans sa lettre aux Ephésiens (chapitres 3 et 4), d’ailleurs Paul le dira clairement « Pour ce qui est de l’amour fraternel, vous n’avez pas besoin qu’on vous en écrive, car vous avez-vous-même appris de Dieu à vous aimer les uns les autres » 1 Thes 4 :9. Et ils l’ont appris de Dieu, ce qui traduit là une démarche commune vécue par toute la communauté.

Les Thessaloniciens ne sont pas des chrétiens en solitaires. Ils font Eglise, avec cette vision commune et cette quête commune de tisser une relation toujours plus étroite avec Dieu le Père par Jésus-Christ qui par sa victoire sur le péché est à même d’être comme une passerelle qui conduit l’homme à Dieu. «  Mais lui, parce qu'il demeure éternellement, possède un sacerdoce qui n'est pas transmissible. C'est aussi pour cela qu'il peut sauver parfaitement ceux qui s'approchent de Dieu par lui, étant toujours vivant pour intercéder en leur faveur. » Hébreux 7 :24-25


En second lieu, Il n’y a que cette communauté-là qui est présentée par Paul comme « une Eglise en Dieu le Père ». On voit ici la recherche d’une relation étroite avec Dieu comme une raison d’être de cette église ; et qui vit cette relation privilégiée. C’est aussi constater que cette communauté connait Dieu, d’une part comme l’unique Dieu souverain, tout-puissant et créateur de toute chose, mais aussi, d’autre part, comme un Dieu présent comme un père, et de là elle se reconnait comme de ses enfants, dépendants de lui. Pour ces chrétiens de Thessalonique éduqués dans le paganisme grecs et dans les « sagesses » philosophiques, cela montre la profondeur de leur conversion, que Paul saluera  « … vous vous êtes convertis à Dieu en abandonnant vos idoles pour servir le Dieu vivant et vrai » 1 Tess 1 :9


De là des questions raisonnent pour nous :

-       Qui est Dieu pour nous ?

-       Comment connaissons-nous ou reconnaissons Dieu ? 

-       Sommes-nous « convertis à Dieu » ? tournant le dos, comme les Thessaloniciens, à nos autres dieux.


Mais ce n’est pas tout ; ce que cette Eglise de Thessalonique avait aussi compris, c’est que la nature pécheresse de l’homme qui mène toujours au mal, nous éloigne de ce Dieu Père. C’est pourquoi cette communauté n’est pas seulement « en Dieu », elle est aussi « en Jésus-Christ le Seigneur ».


Ils reconnaissaient que le seul chemin qui conduit à Dieu, c’est celui qui passe par Jésus. Ce que Paul dira  plus tard aux Corinthiens « Si quelqu'un est en Christ, il est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées; voici, toutes choses sont devenues nouvelles.  Et tout cela vient de Dieu, qui nous a réconciliés avec lui par Christ, et qui nous a donné le ministère de la réconciliation.  Car Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même, en n'imputant point aux hommes leurs offenses, et il a mis en nous la parole de la réconciliation.… »  1 Corinthiens 5 :17-19


Tout cela, chez les chrétiens de Thessalonique, ce n’était pas que des mots ou des intentions, mais cela imprégnait leur vie de tous les jours. Le verset 3 du premier chapitre évoque la nature de leur foi «  nous rappelant sans cesse l'oeuvre de votre foi, le travail de votre charité, et la fermeté de votre espérance en notre Seigneur Jésus Christ, devant Dieu notre Père. »

C’est du concret, une foi active, qui se voit, qui est au service un amour qui se vit au quotidien, une espérance qui est conviction et qui s’affirme. Et tout cela ne relève pas de la nature de l’homme, mais est le fruit de la puissance du Saint-Esprit, qui transforme.

Paul, certainement en se servant de l’exemple donné par cette Eglise de Thessalonique, reprendra ce triptyque (la foi, l’espérance et l’amour) à l’attention des corinthiens (1 Cor 13). Paul est à Corinthe lorsque qu’il reçoit des nouvelles très encourageantes des Thessaloniciens.  Mais là, ce n’est pas pour saluer les qualités de vie des corinthiens, comme il le fait pour les thessaloniciens, mais pour appeler les chrétiens de Corinthe à inscrire la foi, l’espérance et l’amour comme la base de la vie du chrétien.


Et pour nous :

-       Qu’en est-il de notre foi ? Ce que l’expérience des Thessaloniciens nous dit, c’est que l’on ne peut pas être  croyant sans être pratiquant.

-       Qu’en est-il de notre relation à l’autre ? est-elle animée par l’amour ?

-       Qu’en est-il de notre espérance ? Est-elle réalité en nous et de là est-ce qu’elle est solide et « une ancre de l’âme » ? comme le dit Hébreux 6 :19


Où peut-être sommes-nous gagnés par l’usure du temps et une foi qui est devenue de forme ? Comme les chrétiens d’Ephèse, dont la foi, l’amour et l’espérance (voir Ephésiens 1) s’est refroidie et ne sont plus ce qu’elles étaient comme Dieu le révèle à Jean (Apocalypse 2 :1-4), « souhaitant qu’ils se souviennent, qu’ils se repentent et pratiquent leurs premières œuvres. »


La communauté de Thessalonique n’était pas dans une pratique ritualisée, convenue par les habitudes ou la bienséance. Elle vivait réellement la foi, l’espérance et l’amour et chaque membre était porté par cette volonté commune d’être toujours plus proche de Dieu le Père. D’ailleurs le verset 10 donne ce qui animait leur vie : «… comment vous vous êtes convertis à Dieu, en abandonnant les idoles pour servir le Dieu vivant et vrai, ET pour attendre des cieux, son fils, qu’il a ressuscité des morts, Jésus, qui nous délivre de la colère à venir » 1 Thess 1 :10


Ce qui porte cette communauté et qui donne sens à leur engagement et à leur foi aussi, c’est cette attente impatiente du retour de Jésus et la réalisation de sa promesse faite en Jean 14. « Voici, je reviendrai ». Des chrétiens qui attendent le retour de Jésus-Christ leur Seigneur.

Pour eux ce n’est pas un concept ou peut-être quelque chose pour plus tard, mais une réalité, un bientôt. Le chapitre 5 :1-5  expose cette certitude des chrétiens de Thessalonique du proche retour de Jésus-Christ et Paul devra les rassurer pour ce qui concerne ceux qui décèdent.


Paul dira d’eux qu’ils sont comme « des enfants de la lumière et des enfants du jour » (5 :5) et de leur vie de chrétiens Paul tirera pour tous, pour lui aussi, ce que veut dire être crhétien (chapitre 5) :

-       « Ne dormons point comme les autres, mais veillons et soyons sobres »

-       « Dieu ne nous a pas destinés à la colère, mais à l’acquisition du salut par notre Seigneur Jésus-Christ »

-       « Exhortez-vous réciproquement et édifiez-vous les uns les autres »

-       « Avertissez ceux qui vivent dans le désordre, consolez ceux qui sont abattus, supportez les faibles, usez de patience »

-       « Soyez toujours joyeux »

-       « Priez sans cesse »

-       « Rendez grâce à Dieu en toute chose »

-       « N’éteignez pas l’Esprit »

-       « Ne méprisez pas les prophètes »


Lorsque l’on sait que la lettre aux Thessaloniciens est la première des lettres de Paul, le vécu de ces chrétiens a assurément marqué Paul lui-même et cela a certainement été pour lui l’exemple de ce que doit être le chrétien, un exemple qu’il a ensuite partagé aux autres communautés chrétiennes au travers de ses autres lettres, les corinthiens les premiers.

Non seulement ces chrétiens de Thessalonique, jeunes dans la foi et bousculés par leur environnement qui leur était hostile, avaient un vécu spirituel qui faisait d’eux l’Eglise de Dieu, ils sont devenus des exemples, à tel point qu’ils étaient pris pour modèles pas seulement en Macédoine mais aussi dans toute la Grèce et leur foi était connue en tout lieu (1 Thess 1 :7-8).


-       Quel chrétien sommes-nous ? Sommes-nous exemple pour d’autres ?

-       Comment vivons-nous notre chrétienté et est-elle atteinte par l’usure du temps ?

-       Est-ce que notre foi est portée par la promesse de Jésus de son prochain retour pour établir un monde nouveau ?


Pour autant, ces chrétiens de Thessalonique n’étaient pas parfaits, mais par leur vie de chrétien, concrète et engagée ils progressaient, ce que Paul reconnait en 2 Thessaloniciens 1 :3-4 « Nous devons à votre sujet, frères, rendre continuellement grâces à Dieu, comme cela est juste, parce que votre foi fait de grands progrès, et que la charité de chacun de vous tous à l'égard des autres augmente de plus en plus. Aussi nous glorifions-nous de vous dans les Églises de Dieu, à cause de votre persévérance et de votre foi au milieu de toutes vos persécutions et des tribulations que vous avez à supporter. »

Lorsque l’on considère ce que veut dire être chrétien pour les Thessaloniciens, comment elle a façonné leur vie de tous les jours et comment leur foi et leur espérance étaient solides, on comprend la salutation de Paul à cette seule Eglise, comme « l’Eglise des Thessaloniciens qui est en Dieu et en Jésus-Christ le Seigneur ».


Ce qu’ont été les Thessaloniciens n’est pas hors de portée. Ils n’ont finalement rien fait d’autre que de vivre en chrétien selon Dieu Leur foi, leur amour et leur espérance n’étaient pas une quête ou des objectifs mais une réalité qui laissait une emprunte visible dans leur vie, qui était portée par la ferme espérance du proche retour de leur Père et de leur Seigneur Jésus-Christ.

Que leur expérience nous serve à vivre en chrétien, en Dieu le Père et en Jésus-Christ notre Seigneur, et à être « des enfants de la lumière et des enfants du jour ».

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