Le livre plein de poussière
- Bible en main
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Nous sommes 600 ans avant JC, pour croiser les pas d’un homme, en l’occurrence l’un des 20 Rois du royaume de Juda, dont l’expérience occupe 2 chapitres seulement dans la Bible dans 2 rois 23 et 24
Ce qu’a vécu le roi Josias résonne encore aujourd’hui au 21ème siècle d’une part parce que comme lui, tout laisse à penser que nous sommes non loin d’un majeur bouleversement de notre monde et que d’autre part l’état de notre société ressemble à s’y méprendre , à celle dans laquelle vivait Josias et peut-être même en pire si l’on considère ce qu’il est possible de faire aujourd’hui avec la technologie, qu’il n’y avait pas à son époque. Les deux époques, la sienne et la nôtre, se caractérisent au plan social par l’insécurité généralisée et la violence, l’égoïsme, l’absence de perspective claire, et au plan moral et spirituel, par la perte des valeurs fondatrices et une grande confusion spirituelle.
Josias vivait la fin d’une époque, dans une société à bout de souffle, qui avait perdu tous ses repères et ses valeurs. Le monde de Josias comme le nôtre ressemblent étonnement à ce que décrivait Paul dans 2 Tim 3 :1-5 « Sache que dans les derniers jours, il y aura des temps difficiles. Car les hommes seront égoïstes, amis de l’argent, fanfarons, hautains, blasphémateurs, rebelles, ingrats, irréligieux, insensibles, déloyaux, calomniateurs, intempérants, cruels, ennemis du bien, traites, emportés, ayant l’apparence de la piété mais reniant ce qui en fait la force. »
Nous serions bien inspiré d’entendre quand Paul disait aux Corinthiens, parlant des anciens écrits que « ces choses leurs sont arrivées pour servir d’exemples et elles ont été écrites pour notre instruction » 1 Cor 10 :11
L’histoire de Josias est singulière.
Déjà depuis plus d’une centaine d’année la terre de canaan était sous l’influence très forte des Assyriens et bien sûr des Cananéens. Son père Amon et avant lui, son grand père Manassé, s’étaient tous les deux compromis avec ces peuples, il avaient fait adopter leur mode de vie et aussi leurs dieux, à tel point que l’idolâtrie avait atteint son paroxysme, de même que le mal.
2 Rois 21 :1-11 dit de Manassé « qu’il a commis toutes les abominations des peuples qui avaient été chassés, qu’il fit pire que tout ce qu’avaient fait les Amoréens et qu’il a fait pécher le peuple de Juda ».
Et Amon, le père de Josias, n’était pas mieux. 2 Rois 21 :21 dit « qu’il marcha dans toute la voie où avait marché son Père et il abandonna l’Eternel ».
Quel héritage pour le jeune Josias, qui sort d’une famille corrompue et qui hérite d’une société où les moeurs étaient totalement dissolues et la spiritualité dans la confusion la plus totale.
Au temps de Josias, les prophètes Sophonie, Habacuc mais aussi Jérémie prophétisaient et n’avaient de cesse de mettre en garde le royaume de Juda contre leurs déviances et leurs conséquences.
Déjà à 8 ans, Josias était conscient que quelque choses n’allait pas et ce qu’il voyait de la société, était très éloigné de ce que portait le grand roi David et du message porté par les prophètes de Dieu.
Et dès le début de son règne l’on nous donne des indications claires sur la personnalité de ce jeune roi et ses choix de vie : 2 Chon 34 :2
Il fait ce qui est droit aux yeux de l’Eternel
Il marche dans la voie de son père David
Il n’en dévie ni à droite, ni à gauche – c’est à dire pas de compromission
Sûrement que Josias fut interpelé par ces prophètes et surtout par Jérémie (Voir le chapitre 7 et suivants). Mais cela n’a pas dû être simple, lui qui a été élevé dans le mal et les abus de pouvoir de son père et grand-père.
Mais il ne s’est pas contenté d’avoir une vie plus honorable et vertueuse que ses parents, la suite du texte nous montre qu’il n’hésite pas à s’engager, allant à l’encontre même de la pensée ambiante. En effet, il soufflait depuis des années un vent d’émancipation au profit des modes de vie, coutumes et dogmes des sociétés environnantes. Juges 17 :6 traduit en une courte phrase, ce qui prévalait, « ... Chacun faisait ce qui était bon à ses yeux. »
Aujourd’hui, faire ce qui est droit aux yeux de Dieu, marcher avec la foi des Pères de la Bible et de l’Eglise, ne dévier ni à droite ni à gauche, c’est à dire être solide en ce dont on croit, ce n’est pas très simple dans la société d’aujourd’hui. Avec notamment l’émergence du courant wokiste, notre société, comme fut celle du roi Josias, est une société où chacun fait ce qu’il trouve bon, quitte à reconsidérer valeurs et principes. Il y a une parole de l’apôtre Paul qui illustre bien ce qu’est notre société aujourd’hui, et cela a été écrit il y a près de 2000 ans. 2 Timothée 4 :3 « Car il viendra un temps où les hommes ne supporteront pas la saine doctrine; mais, ayant la démangeaison d'entendre des choses agréables, ils se donneront une foule de docteurs selon leurs propres désires ils détourneront l'oreille de la vérité, et se tourneront vers les fables.»
Josias qui vit dans une société qui ressemble à la notre, fait le choix de se conformer à Dieu, à faire ce qui est droit à ses yeux, à ne pas être et à ne pas faire comme la pensée ambiante.
Ce verset 2 du chapitre 34 de 2 Chroniques nous laisse entendre, que Josias connaissait la Parole de Dieu. Mais ce n’était qu’une connaissance culturelle et de tradition. Maintenant il voulait vraiment connaître Dieu.
D’ailleurs le verset 3 le confirme, dès ses 16 ans, âge mature où l’on peut commencer à s’émanciper, il étudia la Parole de Dieu jusqu’à ses 20 ans.
Plus près de nous l’apôtre Paul n’aura de cesse d’appeler les chrétiens à connaître Dieu, « à être remplis de la connaissance de la volonté de Dieu en toute sagesse et intelligence spirituelle » (Colossiens 1 :9).
En effet, qui ne connaît pas Dieu de part les traditions où la culture ? Mais combien connaissent Dieu, d’une connaissance relationnelle et personnelle ?
Ce qui est intéressant dans l’expérience de Josias, c’est son cheminement spirituel, en 3 phases :
(2 Chroniques 34 :1-3) de 16 ans à 20 ans c’est un temps pour apprendre à connaître Dieu, son projet pour l’homme. Comme un temps de transformation personnelle.
(2 Chroniques 34 :3-13) de 20 à 26 ans – Josias s’implique dans la maison de Dieu, il l’a répare, il s’attache à ramener l’Assemblée du peuple à Dieu et il fait retirer tout ce qui n’est pas de Dieu, idôles et lieux de cultes. Il s’implique, il agis.
C’est dans ce moment, qu’au cours des travaux de réhabilitation de la maison de Dieu que Hilkija, le prête, trouva un rouleau poussiéreux, et ce n’était ni plus ni moins que le livre de la Loi de Dieu donnée par Moïse (2 Chroniques 34 :14).
Et là, trois choses étonnantes se passent, qui en disent long sur le détachement spirituel du peuple et des sachants religieux :
Le sacrificateur donne le livre au scribe banalement : « tient j’ai trouvé ça »
Le scribe va vers Josias et lui rend compte de l’avancée des travaux (verset 16)
Il faut attendre le verset 18 pour que le scribe dise au roi, avant de partir, comme un « au fait », « Hilkija m’a donné un livre. Il le lut devant Josias » !
Josias lui qui avait pris le temps d’apprendre et de connaître Dieu, compris tout de suite et reconnu les Paroles de la Loi (verset 19)
3èmè phase, (2 Chroniques 34 :19-21) Josias prend conscience de la gravité de la situation de l’Assemblée de Dieu, d’ailleurs il dit au verset 21 « allez consulter l’Eternel pour moi et pour ce qui reste en Israël et en Juda ». Clairement Josias se pose la question de ce qui reste du peuple de Dieu ! De l’Eglise, la vraie.
C’est très bien de s’occuper de la maison de Dieu, mais l’essentiel réside d’abord dans ce en quoi l’on croit, dans ce qui fonde nos croyances.
Pour rappel : Moïse avait dit (Deutéronome 17 :18) que chaque roi d’Israël devait avoir près de lui une copie de la Loi de Dieu. Depuis longtemps cette parole, prononcée 900 ans auparavant, avait été oubliée.
La prophétesse Hulda (2 Chroniques 34 :22) consultée par Josias, ne cachera rien de ce qui va bientôt advenir pour le peuple Hébreux. En effet, s’étant éloigné de Dieu et ne réclamant plus sa protection, le peuple succombera à l’appétit des nations environnantes. Mais elle ajoutera (verset 27) que pour ceux dont le coeur est touché et qui reviennent à Dieu, Dieu dit qu’il va les recueillir, et Josias en fait partie.
Et là, Josias à 26 ans, va faire ce qu’aucun roi va faire. Il va rassembler le peuple, du plus grand au plus petit, jeunes et vieux, et IL LUT TOUTES LES PAROLES DU LIVRE DE L’ALLIANCE. Combien de temps cela a pris, rien n’est dit, mais cela a sûrement duré de nombreuses heures. Et personne n’est venu dire à Josué c’est midi il faut arrêter !
Josias s’engagea lui d’abord devant le peuple et le texte dit que tous ceux qui se trouvaient à Jérusalem s’engagèrent et agirent selon l’alliance de Dieu.
Notez qu’il convoqua tout le monde du royaume de Juda à se retrouver à Jérusalem. Est-ce que tous vinrent ? Sûrement pas, on ne sait pas combien ils étaient, mais ceux qui vinrent firent le choix de Dieu. Au verset 33 il est dit que « pendant toute la vie de Josias, ils ne se détournèrent point de l’Eternel le Dieu de leurs pères ».
Quand l’Eglise se rassemble il se passe quelque chose. Toujours.
2 Chroniques 35 :1-19, Josias organisa une grande Pâque en l’honneur de l’Eternel. Au verset 17 il est dit que cette Pâque est pour ceux qui étaient là. Pour celles et ceux qui choisissent le parti de Dieu.
Les versets 2 à15 présentent comment cette Pâque a été préparée : avec minutie, une organisation exceptionnelle, une solennité très grande, une concorde comme il n’y en pas eu depuis longtemps. « Tenez-vous prêts, selon vos maisons paternelles, selon vos divisions, comme l'ont réglé par écrit David, roi d'Israël, et Salomon, son fils; occupez vos places dans le sanctuaire, d'après les différentes maisons paternelles de vos frères les fils du peuple, et d'après la classification des maisons paternelles des Lévites. ».
Le verset 18 dit « qu’aucune Pâque pareille à celle-là n’avait été célébrée en Israël depuis les jours de Samuel et aucun des rois d’Israël et de Juda n’avaient célébrés une Pâque pareille ».
Cette épisode illustre ce texte d’Ephésiens 2 :21-22, « En lui tout l’édifice, bien coordonné, s’élève pour être un temple saint dans le Seigneur. En lui vous êtes aussi édifiés pour être une habitation de Dieu en Esprit ».
Qu’en est-il aujourd’hui ? Est-ce que notre culte ressemble à cela ? Y participons-nous avec ce même enthousiasme ?
La redécouverte du livre de la Loi, c’est-à-dire de la Bible, a été un moment décisif dans la vie de Josias. Il aurait pu laisser le livre avec sa poussière, au mieux le ranger dans la bibliothèque avec les vieux livres, ceux que l’on ouvre jamais. Non, Josias se le réapproprie.
Il ne tient qu’à nous de redécouvrir la Parole de Dieu. Elle est là près de nous, dans nos bibliothèques, elle peut même être sur nos smartphones. Quand certains doutent encore que ces textes, certes vieux de plusieurs millénaires, nous parlent encore, d’autres diront qu’ils la lisent régulièrement !
Savez-vous que selon une étude IFOP de 2022, 27% des français possèdent une Bible chez eux et 19% la lisent. Parmi les chrétiens, 71% la lisent au moins 1 fois par an. Lire la Bible c’est bien, mais est-ce que on la considère comme une Parole venant de Dieu?
Si le grand Paul était là, pourrait-il dire de nous ce qu’il a dit des Thessaloniciens (2 :13) ? « en recevant la parole de Dieu, que nous vous avons fait entendre, vous l'avez reçue, non comme la parole des hommes, mais, ainsi qu'elle l'est véritablement, comme la parole de Dieu, qui agit en vous qui croyez. »
Le roi Josias, malgré les pressions de son environnement, sachant que les choses n’allaient pas dans le bon sens, inquiet même pour l’avenir, s’en remet à Dieu. Il ressort la Bible de la poussière et redécouvre les promesses de Dieu.
Nous connaissons Dieu par notre culture, nos traditions et nos habitudes, mais connaissons nous vraiment Dieu, le Dieu de la Bible, le Dieu des origines, le Dieu qui a des projets pour l’humanité ? Nous connaissons un peu les textes bibliques, mais en mesure-t-on toute la portée ? Nous lisons que Dieu revient, mais est-ce que nous y croyons vraiment ? Nous allons à l’église par habitude, pour les amis où pour un « dès fois que », mais y allons-nous pour rencontrer Dieu ?
Nos sociétés feront bientôt fête de Pâque, reproduisant une fête Mosaïque, mais oubliant qu’elle est désormais par Jésus-Christ, plus qu’une un fête d’un jour <,mais une réalité de tous les jours, car c’est maintenant Jésus qui s’est substitué et est désormais notre Pâque de tous les jours.
Pour y croire encore faut-il ; comme Josias, faire le choix de Dieu, redécouvrir sa Parole, et la mettre en pratique dans un mouvement qui conduit à un culte enthousiaste, semblable à ce culte au temps de Josias.




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