top of page

Victime de nos choix - Samuel le prophète


Des choix à assumer
Des choix à assumer

L’épisode biblique se situe aux environs de -1000 av Jésus-Christ à un moment charnière de la vie du peuple Hébreux, peuple de Dieu, issu de la lignée d’Abraham.

Sous la conduite de Josué le peuple s’est emparé du pays de Canaan, la terre promise par Dieu à Abraham. Toutefois de vives tensions perdurent avec les autres peuples notamment les Philistins et les Amoréens. Les attaques sont incescentes et Israël fut régulièrement en difficulté. Les Philistins réussirent même à s’emparer de l’Arche de l’Alliance ( 1 Sam 4). Mais qui peux penser que l’on peut battre Dieu ? Même les Philistins en doutaient « Les Philistins eurent peur... Malheur à nous, qui nous délivrera de la main de ce Dieu puissant ? » 1 Samual 4 :7-8


Les Philistins eux-mêmes décidèrent de renvoyer l’Arche vers les Hébreux en se repentant (1 Sam 6). Le peuple Hébreux se réjoui. Toutefois l’esprit belliqueux des Philistins ne cessa pas et ils continuèrent à combattre les Hébreux, lesquels doutent et ont peur.


Samuel 7 :2 nous dit que 20 ans après l’épisode de l’Arche de l’Alliance , le peuple est toujours dans la crainte et il interpelle Samuel 7 :3 « Samuel dit à toute la maison d'Israël: Si c'est de tout votre coeur que vous revenez à l'Éternel, ôtez du milieu de vous les dieux étrangers et les Astartés, dirigez votre coeur vers l'Éternel, et servez-le lui seul; et il vous délivrera de la main des Philistins. »


Encouragé par Samuel à faire confiance à Dieu le peuple Hébreux connut à nouveau des victoires et la fin du chapitre 7 nous dit que la paix était revenue.


Mais voilà, sur le motif de la vieillesse de Samuel et du comportement de ses fils à qui Samuel avait donné un rôle de leaders sur le peuple, le peuple réclame à Samuel un changement de régime. Jusque-là centré sur Dieu, il réclame l’instauration d’un régime monarchique, comme ce qui était en place au sein des autres peuples. « Ils lui dirent: Voici, tu es vieux, et tes fils ne marchent point sur tes traces; maintenant, établis sur nous un roi pour nous juger, comme il y en a chez toutes les nations. » 1 Samuel 8 :5


Samuel, surpris et même déçu de cette demande, s’en remet à Dieu qui lui dit de laisser faire, non sans toutefois prévenir le peuple de ce que cela veut dire que d’avoir un roi sur le modèle des hommes. « Écoute donc leur voix; mais donne-leur des avertissements, et fais-leur connaître le droit du roi qui régnera sur eux. » 1 Samuel 8 :9

C’est dans ce contexte que le chapitre 12 de 1 Samuel s’inscrit et sur lequel porte la réflexion qui suit.


Un moment charnière donc où le roi Saül est installé et règne en maître sur le peuple, lequel s’en remet désormais à son roi. Dès lors Samuel se retire, ne se considérant désormais plus utile. Alors il laisse ce dernier échange avec le peuple, en forme de discours d’adieu.

Dans les cinq premiers versets, Samuel rappelle les responsabilité de chacun quant à la situation du moment.


–      Au peuple le fait d’avoir voulu un régime monarchique qui est maintenant installé par Samuel, qui quoiqu’ayant mis en garde le peuple et rappelé ce que voulait dire avoir un roi ( Sam 8 :10-17), a écouté et respecté le peuple. Un choix qu’il va falloir désormais assumer.

–      A Samuel, ce que l’on appelle aujourd’hui l’erreur de casting, lorsqu’il a voulu confier à ses fils le rôle de leader. On sent par cette parole du verset 2 « ... Et mes fils sont avec vous », que Samuel reconnaît son erreur, mais par cette courte allusion à ses fils, Samuel fait aussi remarquer que le peuple n’est pas mieux que ses fils. Ses fils sont avec le peuple, les deux donc se ressemblent.


Et comme pour marquer sa différence tant avec ses fils qu’avec le peuple, Samuel, prenant à témoins Dieu lui-même et le roi, va questionner le peuple quant à son action et à son comportement envers le peuple, obligeant le peuple à lui répondre (v4 et 5) que personne n’a absolument rien à lui reprocher. Une prise d’acte très formelle et sans fioriture : « L’Éternel est témoin contre vous, et son oint est témoin, en ce jour, que vous n'avez rien trouvé dans mes mains. Et ils répondirent: Ils en sont témoins. » 1 Samuel 12 :5


Un échange qui semble un peu tendu rapporté par ces cinq premiers versets.


L’apôtre Paul, en son temps, vivra une scène similaire d’un discours d’adieu que l’on trouve dans Actes 20 :25-35. Alors qu’il est en direction de Jérusalem, il s’arrête à Millet et demande à voir les anciens et responsables de l’église d’Ephèse. « Vous savez de quelle manière, depuis le premier jour où je suis entré en Asie, je me suis sans cesse conduit avec vous, servant le Seigneur en toute humilité, avec larmes, et au milieu des épreuves que me suscitaient les embûches des Juifs. Vous savez que je n'ai rien caché de ce qui vous était utile, et que je n'ai pas craint de vous prêcher et de vous enseigner publiquement et dans les maisons,... » Actes 20 :15-25


Ce qui est intéressant de remarquer c’est la manière dont les interlocuteurs réagissent :

–      Avec Paul les Chrétiens d’Ephèse « Après avoir ainsi parlé, il (Paul) se mit à genoux, et il pria avec eux tous. Et tous fondirent en larmes, et, se jetant au cou de Paul,... » Actes 20 :36

–     Avec Samuel, le peuple répond de manière lapidaire, sans émotion « Et ils répondirent: Ils en sont témoins. »


Quel différence de ton ! De l’émotion que suscite le départ de Paul, on sent une certaine froideur chez le peuple Hébreux à l’égard de Samuel.


C’est pourquoi Samuel interroge sa probité, son honnêteté et son dévouement envers le peuple, pour  démontrer ou rappeler qu’il est digne de confiance et que cela crédibilise ce qu’il a à dire au peuple.


En effet à partir du verset 6  Samuel va rappeler au peuple son cheminement avec Dieu. Comment Dieu a toujours été attentif à ses besoins et a toujours été là, même lorsque le peuple s’est égaré. Il leur redit « tous les bienfaits que l’Eternel vous a accordés, à vous et à vos Pères ». Par cela Samuel dit d’une part la fidélité de Dieu envers le peuple et d’autre part que les bontés de Dieu ne sont pas que pour les autres, mais aussi pour chacune et chacun, aujourd’hui comme hier.


Samuel rappelle (v10-11) comment Dieu a délivré le peuple de ses ennemis chaque fois que cela était nécessaire, leur assurant ainsi la sécurité.


C’est alors que Samuel va revenir sur ce qui a conduit le peuple à vouloir un roi. Bien avant sa décision de se retirer, Samuel avait déjà tenté d’interpeler le peuple sur ce que signifiait ce choix, « Et aujourd'hui, vous rejetez votre Dieu, qui vous a délivrés de tous vos maux et de toutes vos souffrances, et vous lui dites: Établis un roi sur nous! »  Sam 10 :19


Là, il est temps maintenant pour Samuel de mettre le peuple face à ses responsabilités ; d’abord vis à vis de lui, parce que le peuple a menti quant aux motivations de son choix. Pour rappel le chapitre 8 indique que le peuple demande un roi sur le motif de la vieillesse de Samuel et de la corruption de ses fils. Mais ici Samuel leur dit (v12) qu’il n’a pas été dupe, qu’en fait c’est leur manque de confiance en Dieu et donc leur manque de foi qui est le vrai motif et cela malgré les bienfaits de Dieu. C’est la peur qu’ils ont des Ammonites, des Philistins et des peuples qui leur font la guerre qui est la vrai raison de leur demande, et ce malgré les bienfaits de Dieu qui a toujours été présent pour les délivrer.


Plusieurs enseignements sont à retenir aussi pour nous :

–      D’abord que parfois les circonstances ou les actions bonnes ou mauvaises des autres nous arrangent bien pour masquer nos vrais motivations, pour justifier nos choix en masquant nos vrais raisons.

–      Qu’encore aujourd’hui, comme depuis le début des temps, notre confiance va prioritairement en l’homme qui pourtant est le principal véhicule du mal. Le prophète Jérémie sera d’ailleurs clair sur le sujet « Ainsi parle l'Éternel: Maudit soit l'homme qui se confie dans l'homme, Qui prend la chair pour son appui, Et qui détourne son coeur de l'Éternel! Il est comme un misérable dans le désert, Et il ne voit point arriver le bonheur; Il habite les lieux brûlés du désert, Une terre salée et sans habitants.

Béni soit l'homme qui se confie dans l'Éternel, Et dont l'Éternel est l'espérance! » Jérémie 17 :5-7

–      Que Dieu reste fidèle à lui-même, respectueux de nos choix et de le choisir, où pas. En tout temps Dieu prévient cependant des conséquences. La Parole Dieu sera sans cesse à appeler l’homme à faire le bon choix.


o   Deut 4 :27-31 « Vois, je mets aujourd'hui devant toi la vie et le bien, la mort et le mal. Car je te prescris aujourd'hui d'aimer l'Éternel, ton Dieu, de marcher dans ses voies, et d'observer ses commandements, ses lois et ses ordonnances, afin que tu vives et que tu multiplies, et que l'Éternel, ton Dieu, te bénisse dans le pays dont tu vas entrer en possession. »

o   Michée 6 :8 « On t'a fait connaître, ô homme, ce qui est bien; Et ce que l'Éternel demande de toi, C'est que tu pratiques la justice, Que tu aimes la miséricorde, Et que tu marches humblement avec ton Dieu. »

o   Apocalypse 14 :7 : « Craignez Dieu, et donnez-lui gloire, car l'heure de son jugement est venue; et adorez celui qui a fait le ciel, et la terre, et la mer, et les sources d'eaux. »

o   Hébreux 1 :1 « Après avoir autrefois, à plusieurs reprises et de plusieurs manières, parlé à nos pères par les prophètes, Dieu, 2dans ces derniers temps, nous a parlé par le Fils, qu'il a établi héritier de toutes choses, par lequel il a aussi créé le monde,… »


Et Samuel de rappeler que le peuple avait déjà un roi, Dieu lui-même (v12). Et plus encore, quoique Dieu respecte le choix de l’homme,  il reste le Dieu de chacune et de chacun, rappelant ainsi que ce qui compte c’est la relation individuelle à Dieu (v14) et que rien ne vient l’empêcher. Apocalypse 3 :20 « Voici, je me tiens à la porte et je frappe. Si quelqu'un entend ma voix et ouvre la porte, j'entrerai chez lui, je souperai avec lui et lui avec moi. »


Pour autant Samuel est clair au verset 16. C’est une erreur d’avoir voulu un autre roi que Dieu lui-même et le peuple voit dans le violent orage qui s’abat, alors que c’est la période sèche des moissons pendant laquelle il pleut très rarement, la colère de Dieu (le tonnerre dans la Bible étant souvent associé à la colère de Dieu).


Le peuple va alors demander à Samuel d’intercéder auprès de Dieu, reconnaissant leur erreur et leur état de péché. Mais le peuple apprendra à ses dépens que faire comme le monde fait conduit souvent à la perte.


Mais ce que le texte dit, c’est que s’il faut assumer nos choix et leurs conséquences, et pour le peuple les conséquences seront lourdes et sur la durée, Dieu nous reste présent. Au verset 20 Samuel le dit clairement « Vous avez fait tout ce mal, mais n’ayez point de crainte », si bien sûr « vous ne vous détournez pas de l’Eternel et le servez de tout votre coeur ». Par cela il rappelle au peuple que ce qui est fait est fait, mais il peut toujours faire confiance à Dieu en toute circonstance et qu’il peut venir à Dieu de tout son coeur c’est à dire avec fidélité et une pleine adhésion parce que Dieu lui, n’abandonne pas celui ou celle qui de tout son coeur vient ou revient à lui, qu’Il reste près d’eux et continuera de les accompagner même dans les conséquences des mauvais choix.


Dieu en effet fait tout pour sauver l’homme comme le rappelle Paul dans 1 Timothée 2 :4 « Dieu veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité. Et il y a un seul Dieu, et aussi un seul médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus-Christ ».


Et pour cela Dieu fait tout pour que nous revenions à lui « Le Seigneur ne tarde pas dans l'accomplissement de la promesse, comme quelques-uns le croient; mais il use de patience envers vous, ne voulant pas qu'aucun périsse, mais voulant que tous arrivent à la repentance. » 2 Pierre 2 :9


Quels que fut tes choix, même victime de nos choix, quelles qu’ont été ou sont leurs conséquences, Dieu est toujours présent et prêt à t’accueillir pour être ton Dieu, ton Roi. Il te revient de revenir à lui et de lui ouvrir la porte.

Commentaires

Noté 0 étoile sur 5.
Pas encore de note

Ajouter une note
bottom of page