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LE BON BERGER - Psaumes



Les Psaumes de la Bible
Vers de verts pâturages

Lorsque l’on évoque Jésus on pense aux nombreuses paraboles qu’il a laissées, on pense aux guérisons qu’il a opérées et à ses rencontres toutes singulières.

On parle un peu du Jésus qui priait. 17 fois les évangiles montrent Jésus en prière dans les évangiles

Mais on ne  parle  jamais du Jésus qui chantait des cantiques (Mat 26 :30 Marc 14 :26). Ces cantiques qui ont bercé l’enfance de Jésus  et qu’il se plaisait à chanter très certainement.

Luc 1 :68-79 Le cantique de Zacharie

Luc 2 :14 après sa naissance

Luc 2 :29 :32 lors de sa présentation au temple

 

Oui Jésus chantait (Mat 26 :30-Marc 14 :26). Le recueil de chants de l’époque étaient les Psaumes, principalement ceux de David. Ah chanter avec Jésus ! Qui se l’imagine ? On peut imaginer Jésus se chantant ces psaumes. Notamment celui qui nous est sûrement le plus connu, que nous connaissons depuis l’enfance et que nous savons par cœur et que récitons machinalement comme une poésie. Mais comprenons nous bien la portée des paroles de ce Psaume 23?

L’Eternel est mon Berger, je ne manquerai de rien

Il me fait reposer dans de verts pâturages,

Il me dirige près des eaux paisibles,

Il restaure mon âme, Il me conduit dans les sentiers de la justice, A cause de son nom.

Quand je marche dans la vallée de l'ombre de la mort, Je ne crains aucun mal, car tu es avec moi: Ta houlette et ton bâton me rassurent.

Tu dresses devant moi une table, En face de mes adversaires; Tu oins d'huile ma tête, Et ma coupe déborde.

Oui, le bonheur et la grâce m'accompagneront tous les jours de ma vie, Et j'habiterai dans la maison de l'Éternel Jusqu'à la fin de mes jours.

 

Jésus lui ne chantait pas  comme une poésie récitée. Il saisissait le sens profond de ces paroles et avec une profonde foi, car ces paroles résonnaient de manière particulières en lui, il les incarnait.

D’une manière différente cela a aussi raisonné en David, lui le berger, le pâtre. Les paroles de ce Psaume ont été écrites par David et on les retrouvent aussi dans 2 Sam 22 :2-7. David  l’a écrit en louange à Dieu pour l’avoir délivré de la main de Saül. Toute sa vie David a été poursuivi par Saul qui voulait de manière obstinée, le faire mourir, obligeant David à errer de cache en cache. Finalement tout comme Jésus qui n’a eu de cesse d’être poursuivi par Satan pour le faire chuter.

Le psaume 23 ne peut être pleinement compris sans l’associer au Psaume 22, qui lui est indissociable, et le terminer  par le psaume 24. Alors on a un ensemble qui permet de comprendre le sens profond de ce qu’a voulu exprimé David et dont Jésus s’est nourri. Car ces 3 Psaumes sont le reflet de sa vie, de sa vocation divino-humaine, une synthèse du plan de Dieu pour l’homme.

Le Psaume 22 c’est le Dieu qui sauve, le Ps23 c’est le Dieu qui conduit et protège quoiqu’il arrive, celui qui le choisit, , et le Psaume 24 c’est le Dieu qui restaure et qui règne. Pour bien comprendre la portée des 6 versets du Psaume 23 et faut donc le considérer dans ce qu’évoque David depuis le Psaume 22. David dans sa profonde détresse et dans un monde qui lui est hostile et qui trouve refuge en Dieu.

Notez comment est construit le Psaume 23. Dans les 3 premiers versets David nous parle du berger, ce qu’il est, ce qu’il fait – Dans les 3 versets suivants il parle au Berger : tu es avec moi, ta houlette et ton bâton, tu dresses, … Il dialogue avec lui.

Le psaume 23 commence par une affirmation pleine de sens : « l’Eternel est mon Berger ». Une courte phrase au présent, mais aussi une affirmation qui va au-delà. C’est un présent permanent : celui du passé, celui de chaque instant, celui de l’avenir. Saint-Augustin dans Les Confessions écrit : « le présent du passé c’est la mémoire, le présent du présent c’est le vécu et le présent du futur c’est ce qui vient ». L’Eternel est le berger de David, celui de chaque jour.

1ère remarque : Alors que David est berger, il se place d’entrée dans la position d’une brebis dépendante de Dieu son berger. Comme Jésus qui est le bon berger et qui s’est fait agneau Esaie 53 :7

En principe :

C’est le berger qui possède les brebis et non l’inverse. En disant l’Eternel est mon berger on affirme à qui l’on appartient. Paul dans 1 cor 6 :19-20 dit « que l’on ne s’appartient pas car nous avons été rachetés à un grand prix »

C’est la brebis qui a besoin du berger et non l’inverse. David exprime son besoin permanent de Dieu. Ceci nous rappelle que nous dépendons de Dieu, ce qui est un contresens dans le monde dans lequel nous sommes où l’on ne veut dépendre de personne. On revendique de se débrouiller seul, On veut être libre. Est-ce que cela ne vous rappelle pas un reproche de Jésus à l’église envoyé par l’intermédiaire de Jean plus de 1000 ans plus tard ? Il s’agit d’un message à la dernière église : Apoc 3 :17 « Je suis riche, je me suis enrichi, je n’ai besoin de rien ».

2 ème remarque : Le psaume 23 nous rappelle que seul le berger connaît le bon chemin. L’image de la brebis rappelle aussi combien il est important de ne pas se tromper de berger et ne pas s’en écarter. Une brebis est un animal suiviste. il suffit que l’une avance et c’est tout le troupeau qui suit. Qu’elle s’en aille dans une direction et c’est tout le troupeau qui suit.. La société des hommes leur ressemble un peu, très influençable, manipulable (il y a même un métier d’influenceur). Il est donc capital de ne pas se tromper de berger et de faire tous le choix du même berger. Jésus mettra d’ailleurs en garde ses disciple Mat 24 :4-5, contre tous ceux qui se diront « bon berger ».

L’Eternel est mon berger – David sait quel berger est le bon – confer Ps 22. Il affirme que c’est donc sur lui qu’il faut s’ajuster. L’Eternel est mon berger c’est affirmer un choix clair, c’est se placer dans une alliance d’appartenance avec lui.  Avons-nous fait ce choix-là ?

3ème remarque : L’Eternel est mon Berger : c’est pas seulement celui du troupeau, mais celui qui s’occupe de moi, et de chacun en particulier, comme un berger qui connaît chacune de ses brebis en particulier. Jésus reprendra cette image en une parabole dans Jean 10 :2-5 , Il rappelle ainsi à son peuple qu’il est le seul berger. Esaïe 40 :11 parle de ce berger très personnel, même intimiste : «  Comme un berger il paîtra son troupeau, il prendra les agneaux dans ses bras et les portera dans son sein. Il conduira les brebis qui allaitent »

Et le Psaume 23 :1 continu : « je ne manquerai de rien »

David reprendra cette  certitude dans le Ps34 :10 «Craigniez l’Eternel car rien ne manque à ceux qui le craignent » (Craindre dans le sens de le respecter et l’honorer)

Le bon berger, l’Eternel pourvoi à tout. Rien ne manque. Cela sera repris, dans plusieurs autres textes bibliques, dans la bouche de Jésus, de Paul et d’autres.

Colossiens 2 :10 « vous avez tout pleinement en lui »

Jean 1 :16 « nous avons tous reçu de sa plénitude et grâce pour grâce »

Mat 6 :33 « Cherchez premièrement le royaume et la justice de Dieu et toutes ces choses vous seront données par-dessus tout »

Cela nous renvoie aussi à Heb 11 « La foi est une ferme assurance des choses que l’on espère, une démonstration de celles que l’on ne voit pas »

David l’affirme : il ne manquera de rien.

A NOTER  : tous les verbes du Psaume 23 sont au présent, sauf 2 verbes dont cette affirmation v1) qui est au futur. Non que cela ne se réalise pas déjà pour maintenant mais c’est comme pour dire que quoiqu’il en soit, la réalisation entière et pleine de cette parole ne peut être qu’à venir. On retrouve cela dans le  Psaume 22  dont le temps présent du début, trouve son espérance dans le temps futur de la seconde partie du Psaume. C’est un « manquer de rien » pour maintenant mais qui est toujours en réalisation, chaque jour et dont la complétude est à venir. 

Et le psaume 23 précise d’avantage les choses, il va se faire plus concret  : « il me fait reposer dans de verts pâturages et me dirige près des eaux paisibles »

Quelle douceur et que c’est apaisant ! Cela fait penser à un texte de nature prophétique de l ’ancien testament qui se trouve dans Ezéchiel 34 :11-14

« Comme un pasteur inspecte son troupeau quand il est au milieu de ses brebis éparses, ainsi je ferai la revue de mes brebis, et je les recueillerai de tous les lieux où elles ont été dispersées au jour des nuages et de l'obscurité.  Je les retirerai d'entre les peuples, je les rassemblerai des diverses contrées, et je les ramènerai dans leur pays; je les ferai paître sur les montagnes d'Israël, le long des ruisseaux, et dans tous les lieux habités du pays.  Je les ferai paître dans un bon pâturage, et leur demeure sera sur les montagnes élevées d'Israël; là elles reposeront dans un agréable asile, et elles auront de gras pâturages sur les montagnes d'Israël.… »

Dieu ne promet pas de la paille sèche mais de l’herbe verte et bien grasse.

Jésus qui est le bon berger reprendra cela en disant : je suis le pain de vie, ou encore à la samaritaine qu’il est l’eau vivifiante.

Le psaume 36 :7-9  reprend la même idée « A l'ombre de tes ailes les fils de l'homme cherchent un refuge. Ils se rassasient de l'abondance de ta maison, Et tu les abreuves au torrent de tes délices. Car auprès de toi est la source de la vie; Par ta lumière nous voyons la lumière. »

Le psaume 119 nous dit que sa Parole est une lumière sur notre sentier.

Est-ce que nous nous plaçons à l’ombre des ailes de notre berger et est-ce que c’est à la lumière de sa parole que l’on éclaire notre chemin ?

La psaume 23 continu (v3) : «  Il restaure mon âme, Il me conduit dans les sentiers de la justice, A cause de son nom. »

Ces paroles raisonnaient de manière particulière en David – le psaume 51 en témoigne – Dieu est le seul à pouvoir restaurer son âme, tant son péché est grand. Le Psaume 22 traduit le désarroi de David et il fait le choix, lui le berger, d’être la brebis du grand berger.

Savez-vous que Lorsqu’une brebis est couchée sur le dos elle ne peut plus se relever seule et sans aide elle est vouée à la mort.

On est parfois un peu comme ça, sur le dos et incapable de se relever seul.

Dans le psaume 94 :17-19 on retrouve cette assurance en Dieu « Si l'Éternel n'était pas mon secours, Mon âme serait bien vite dans la demeure du silence. Quand je dis: Mon pied chancelle! Ta bonté, ô Éternel! me sert d'appui. Quand les pensées s'agitent en foule au dedans de moi, Tes consolations réjouissent mon âme. »

C’est le berger et lui seul qui peut remettre ses brebis sur les pieds et leur montrer la voie.

Sommes-nous sur le dos, cherchant seul la bonne voie, ou sommes-nous sur la voie que le berger a pour nous ?

Jésus a rappelé cela en disant « voici je suis le chemin, la vérité et la vie. »

Mais en général on n’aime pas suivre, mais plutôt être devant, on préfère conduire plutôt que d’être conduit

Le verset 5 du psaume 23 ne fait pas oublier cependant les réalités terrestres. Le chemin n’est pas sans embûches et difficultés. « Quand je marche dans la vallée de l'ombre de la mort, Je ne crains aucun mal, car tu es avec moi: Ta houlette et ton bâton me rassurent. »

En alpage les troupeaux sont parfois amenés à traverser des endroits difficiles, escarpés  et même dangereuses, mais le berger à un bâton et une houlette (Larousse : le Bâton de berger est terminé soit par un crochet pour attraper les animaux par une patte, soit par une lame de fer pour leur lancer des mottes de terre.). Si le bâton c’est l’autorité, la houlette c’est la protection

Le psaume 138 : 7 reprend cette idée « Quand je marche au milieu de la détresse, tu me rends la vie, Tu étends ta main sur la colère de mes ennemis, Et ta droite me sauve »

Car tu es avec moi : Entendez-vous la puissance de cette phrase. Elle Nous rappelle cette promesse de Jésus en Mat 28 :20 « voici je suis avec vous tous les jours ». Paul

affirmera à son tour l’assurance que l’on a en Dieu « Que dirons-nous donc à l'égard de ces choses? Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous? » Romains 8 :31

Le psaume 23 se poursuit « Tu dresses devant moi une table, En face de mes adversaires; Tu oins d'huile ma tête, Et ma coupe déborde»

Le psaume change d’image – On passe du pastoralisme à  une table. Souvent dans la bible l’image d’une table ou d’un repas est prise. Dans les temps anciens et encore aujourd’hui dans certaines régions du monde être invité à la table est un signe d’alliance, d’association.

Par cela David nous dit que ce n’est plus seulement un berger et des brebis mais que nous sommes des invités à la table du Maître, des associés associés solidaires.

Cela ne vous rappelle pas un message de Jésus à son église plus de 1000 ans plus tard ? la dernière des temps « voici je frappe, si quelqu’un entend ma voie et m’ouvre alors j’entrerai chez lui, je souperai avec lui et lui avec moi » Apocalypse 3 :20

Une alliance réciproque et si forte avec le berger que se crée une relation très intime et qu’aucun ennemi ne peut tenir.

Mais c’est pas tout, non seulement le berger fait alliance mais il la matérialise. L’huile dans les écritures c’est le symbole du saint esprit.

Jésus a promis l’abondance au travers son saint esprit Jean 16 :6-8 « …il vous conduira dans toute la vérité »

Suis-je dans une relation d’association avec Dieu ?

Et le psaume 23 se termine très enthousiaste : « Oui, le bonheur et la grâce m'accompagneront Tous les jours de ma vie, Et j'habiterai dans la maison de l'Éternel Jusqu'à la fin de mes jours. »

C’est le second passage au futur. Car là aussi la complétude est à venir. C’est l’aboutissement, et le psaumes 27 est encore plus précis : « Je demande à l'Éternel une chose, que je désire ardemment: Je voudrais habiter toute ma vie dans la maison de l'Éternel, Pour contempler la magnificence de l'Éternel Et pour admirer son temple. »

Le bonheur et la grâce m’accompagneront tous les jours de ma vie. « C’est par la grâce que nous sommes sauvés, par le moyen de la foi » dit Paul dans Ephésiens

Dans Apo 3 :12 il est dit « Celui qui vaincra, je ferai de lui une colonne dans le temple de mon Dieu, et il n'en sortira plus; j'écrirai sur lui le nom de mon Dieu, et le nom de la ville de mon Dieu, de la nouvelle Jérusalem qui descend du ciel d'auprès de mon Dieu, et mon nom nouveau. »

Cette promesse de Dieu est pérenne, il l’a déjà faite par le prophète Jérémie « Car je connais les projets que j'ai formés sur vous, dit l'Éternel, projets de paix et non de malheur, afin de vous donner un avenir et de l'espérance. Vous m'invoquerez, et vous partirez; vous me prierez, et je vous exaucerai. Vous me chercherez, et vous me trouverez, si vous me cherchez de tout votre coeur. »

 

Les psaumes 22 à 24, ces chants de louanges écrits il y a près de 3000 ans restent d’une actualité étonnante et nous renvoie à ce qu’est la vie du chrétien. De ces paroles émane une puissance psychologique et spirituelle extraordinaire, qui est de nature à tout surmonter et comme le dit le Psaume 121 : « Je lève les yeux vers les montagnes. Le secours me vient de l’Eternel, il ne dort ni ne sommeille, l’Eternel gardera ton départ et ton arrivée dès maintenant et à jamais »

Nous sommes en marche et à l’instar de David dans ce psaume 23, si nous faisons de l’Eternel notre Berger alors nous sommes invités à le suivre car il connaît le chemin et nos besoins et si d’aventure ce chemin venait à être compliqué et semé d’embûches alors il protège et rassure et nous conduit vers un « je ne manquerai de rien »  complet.

Cette certitude qu’avait David peut aussi être la nôtre : « Je demande à l'Éternel une chose, que je désire ardemment: Je voudrais habiter toute ma vie dans la maison de l'Éternel, Pour contempler la magnificence de l'Éternel Et pour admirer son temple. »

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